Manager les équipes dans le secteur culturel : impossible, inutile ou nécessaire ?

Manager les équipes dans le secteur culturel : impossible, inutile ou nécessaire ?

Parcours Créer et développer son entreprise - atelier 3/6

Article mis en ligne le 29/11/17

Vendredi 20 octobre 2017, 2ème temps de l’après-midi
16h > 17h30

Carole Le Rendu, professeur associé en MRH - titulaire de la chaire "RH et innovations sociales dans le secteur culturel" à Audencia, s’interroge sur les spécificités du modèle associatif, en particulier dans le secteur culturel et artistique, et ses conséquences en termes de management. 
 
Le management – processus de réalisation efficace et performante des activités – s’oppose au modèle affinitaire classique des projets artistiques, qui reposent sur un leader charismatique, la légitimité artistique, la singularité et l’engagement de chacun. Evaluer l’efficience, l’impact social, les compétences, rationaliser les modes de fonctionnement (rôle du manager) peut donc sembler antinomique au premier abord avec le travail de création, le militantisme associatif et la créativité. 
 
Or, progressivement, le monde associatif se transforme, on lui demande de respecter des normes (loi sur la qualité de vie au travail, sur la formation professionnelle, les 35h … ) et d’évoluer vers un modèle de la compétence qui s’avère nécessaire dans un environnement qui se complexifie (hybridation des ressources, numérique).
 
Cette notion de compétence, qui se définit comme transférable, mesurable, « industrialisable » est perçue comme contradictoire aux logiques de singularité et de légitimités du secteur artistique ; par exemple :

  • Un technicien lumière dans un théâtre ne peut assurer la répétition du dimanche pace qu’il a déjà travaillé 35h. Déléguer son travail à un autre technicien lumière ayant les mêmes compétences est difficile parce que ceci remet en question la singularité et la légitimité artistique de son travail. 
  • Mutualiser un chargé de diffusion reste compliqué pour des compagnies car ce dernier est supposé être au service d’un projet artistique / esthétique en particulier.

Du point de vue du management, les effets de taille sont plus importants que la spécificité du secteur, et les organisations culturelles, majoritairement associatives, ont surtout les caractéristiques des très petites entreprises auxquelles s’ajoute une forte dimension de militance et d’une gouvernance particulière entre un conseil d’administration (bénévole) et une équipe de salariés.
Dès lors comment respecter les conventions et les parcours professionnels de chacun dans un modèle associatif caractérisé par l’implication de personnes très différentes (bénévoles, intermittents, "permittents", permanents, stagiaires), une précarité économique et un manque de visibilité, ainsi qu’une gouvernance (CA) bénévole ? Quel modèle managérial peut respecter les spécificités du travail de création ?


Visualiser le document de présentation de Carole Le Rendu, support de son intervention lors du forum :

 

Intervenante :

Carole Le Rendu, enseignant-chercheur, spécialisée sur les questions d’emploi et de ressources humaines dans le secteur culturel

CRÉDITS: EPCC Arteca