Cross Dancers - Compagnie Corps In Situ

Cross Dancers - Compagnie Corps In Situ

Voyage chorégraphique

[ETHIOPIE] - [INDE] - [NÉPAL]

LA COMPAGNIE CORPS IN SITU :

Jennifer Gohier et Grégory Beaumont, deux danseurs artistiquement complices depuis près de 20 ans, ont créé  la Compagnie Corps In Situ en 2008. 

Grâce à leurs formation classique et leurs expériences professionnelles respectives, ils souhaitent développer leurs propres projets chorégraphiques à travers une danse accessible à tous.
Ils n’hésitent pas à aller à la rencontre du public en les amenant dans des lieux singuliers et insolites, pour à la fois surprendre, intriguer et émouvoir.

C’est pleinement impliqués dans le paysage chorégraphique luxembourgeois, que Jennifer et Gregory décident de créer ARTEZIA a.s.b.l., en 2013.

L’objectif est de favoriser les échanges chorégraphiques entre artistes luxembourgeois et français et d’y développer de nouveaux outils chorégraphiques en créant une interaction artistique entre la France et le Luxembourg.

LE PROJET :

Le projet "Cross Dancers" débute un tour du monde chorégraphique de 10 mois à travers les cinq continents. Un voyage de Londres au Vietnam en passant par la Finlande et par l’Argentine dans le but de découvrir la danse dans toute sa diversité.

La danse reflète l’histoire, la culture et l’identité d’un pays. Les chorégraphes souhaitent s’immerger artistiquement dans les différents pays qu'ils seront amenés à traverser.

L'ITINÉRAIRE :

Vecteur d’échanges frontaliers, la danse est également un moyen de communication et une forme de langage universel.

CROSS DANCERS a été imaginé comme une sorte de troc chorégraphique où ils iront à la rencontre des communautés artistiques locales pour observer, partager, échanger leurs connaissances et s’enrichir de nouvelles techniques.         

Toutes ces rencontres et ces expériences viennent alimenter un blog, une exposition vidéo, un spectacle jeune public, un projet pédagogique et une série d’ateliers chorégraphiques durant les années 2016 et 2017

Partenaires vogage chorégraphique : Le TROIS C-L (Luxembourg)
Co-producteurs : 
Théâtre Ici&Là (Mancieulles) | Les Rotondes (Luxembourg) | Le TROIS C-L (Luxembourg) | Kinneksbond de Mamer (Luxembourg)

 

PREMIÈRE DESTINATION : L'ÉTHIOPIE

Jennifer Gohier et Grégory Beaumont, les danseurs de la Compagnie Corps In Situ ont débuté leur voyage début mars direction l'Ethiopie.

C’est ainsi qu’ils ont rencontré les danseurs de la Destino Dance Company. Durant une semaine, les artistes se sont découverts et ont partagé leurs expériences et leurs sensibilités.

La culture éthiopienne est particulièrement riche. Il n’existe pas une danse traditionnelle mais plusieurs. Chaque région possède ses spécificités et correspond à une partie précise du corps : Wello, danse du nord, implique principalement la tête et les épaules ; Wolaita, implique le bassin et Guragignia, du sud du pays qui demande un travail important des jambes et des pieds.

Jennifer et Grégory ont également assisté des initiations à la danse avec un groupe de personnes aveugles.  Un moment de partage par les mots et par le toucher.

La Destino Dance Compagny a aussi pu s’expérimenter à un cours de danse classique traditionnel avec jetés à l’italienne, tours en l’air et techniques de portées.

Pour clôturer cette rencontre, les danseurs ont réalisé une vidéo d’improvisation de 3 minutes pour le « 3 du Trois » en partenariat avec le Trois C-L.

 

Nous les retrouverons prochainement, en Inde, à la découverte de la danse traditionnelle indienne.

Vous pouvez continuer suivre en détail le projet Cross Dancers sur leur blog ou le résumer interactif de leur voyage ci-dessous :

SECONDE DESTINATION : L'INDE

La danse contemporaine est assez méconnue du grand public, mais se développe de manière professionnelle tout particulièrement à Delhi. C’est là que Jennifer et Grégory ont visité le Gati Dance Forum, un centre de création chorégraphique contemporaine. Celui-ci est attaché à un engagement dynamique de la danse contemporaine à travers la pédagogie, la création, la recherche, la promotion des arts et de la politique, et la sensibilisation. En facilitant l’échange et le dialogue entre les artistes de diverses formations, Gati vise à inclure un large éventail de genre afin de forger l’image de la danse contemporaine en Inde.

La danse classique Indienne est indissociable de la notion de divin. La danse était pour les dieux et les divinités. Aujourd’hui, culture historique que l’on retrouve dans des lieux sacrés, des manifestations religieuses, des représentations picturales ou des gravures.

Chaque région possède ses propres techniques voire sa propre danse et célèbre l’histoire d’une divinité hindou de manière unique.

Le Bharata natyam, danse originaire du sud du pays qui célèbre Ganesh, demande une grande expressivité du visage. Le Manipuri, du Nord de l’Inde, est une danse plus intériorisé. Le regard doit suivre le mouvement des mains.

À l’origine certaines de ses danses étaient réservées aux femmes qui dévouaient leur vie à leur art et aux dieux. Celles-ci étaient accompagnées par des musiciens exclusivement masculins. Ensemble, ils formaient une communauté rejetée par la société : « Devils Dancers », les danseurs du diable.

Voyage

Jennifer et Grégory ont tout d’abord rencontré la chorégraphe indienne Shilpika Bordoloi. Ils ont ainsi pu rencontrer Michel Casanovas, chorégraphe français qui elle travaille en collaboration pour son spectacle Majuli qui sera en tournée prochainement.

Shilpika a proposé à la Compagnie de réaliser une performance, une improvisation en pleine ville, dans des lieux très fréquentés de Jorhat.

La performance a attiré, curieux, riverains et également la presse locale et régionale. Cette expérience était une manière spontanée et surprenante de faire découvrir la danse contemporaine au public.

À la suite de cela, Shilpika a permis aux danseurs français de rentrer en contact avec une communauté de moines danseurs de l’île de Majuli.

Portrait

Shilpika Bordoloi est danseuse et chorégraphe contemporaine indienne a été formée à diverses formes de danses classiques indiennes telles que Bharatan natyam et Manipuri.

Souhaitant développer et promouvoir les arts et la culture dans le Nord Est de l’Inde, elle fonde la Brahmaputra Cultural Foundation, dont le but est d’organiser des échanges artistiques internationaux sous différents formes et différentes disciplines. Elle vise à trouver un équilibre entre les flux de connaissances traditionnelles et modernes, et offre une nouvelle perspective et alternative relative à l’art, la culture, les systèmes de savoirs traditionnels, l’environnement et la biodiversité.

Techniques

La danse Sattriya, est une danse sacrée pour célébrer Krishna.

Les jambes doivent rester pliées et le bassin est ancré dans le sol. Les regards se font du coin de l’œil et le travail des mains est très agile et expressif.

Il existe de nombreux points communs avec « notre danse classique occidentale »

  • Codification
    • des pas
    • des danses
  • Positions
    • Les jambes « en dehors »
    • La position de base équivaut à une petite seconde, les pieds doivent être alignés et séparé d’un pied.
  • Tenue du buste qui recherche l’élévation notamment dans les « grands pliés ».
  • Phrases musicales en 8 comptes
  • Musicalité et précision sur chaque temps

MAJULI

L’île de Majuli est la plus grande île d’Inde. Elle est le berceau d’une tradition religieuse unique, les Satras. Monastères hindous composés de moines vénérant le dieu Krishna avec la musique, le théâtre et la danse.

Corps In Situ est parti à la découverte de l’un de ces Satras. Celui-ci rassemble uniquement des hommes. En effet, certains Satras accueillent des femmes et des enfants, des familles en fonction de leur doctrine.

Jennifer et Grégory sont donc allés à la rencontre de ces moines, âgés de 4 à 95 ans. Ceux-ci sont vêtus de blanc, le visage et le torse imberbe, aux cheveux longs attachés en chignon. Ils entretiennent une apparence androgyne à l’image de Krishna.

Les moines sont formés à devenir des danseurs, des musiciens, des interprètes.  Après l’école, les plus jeunes apprennent les textes, les musiques, les chants et les danses sacrées.

La vie au sein du Satra est rythmée par 14 prières journalières, chacune interprétée en musique par un ou plusieurs moines consacrés à une prière en particulier.

TROISIÈME DESTINATION : LE NÉPAL

Jennifer et Grégory ont poursuivi leur voyage vers le Népal.

Ils se sont tout d’abord rendus à une représentation de danse traditionnelle dans un centre touristique, à Chitawan. Vingt danseurs et danseuses ont enchainés huit chorégraphies issues de la danse locale Tharu. Il s’agit d’une ethnie majoritairement présente dans cette partie du Népal. Chaque tableau est interprété par un groupe d’homme ou de femmes dans des mouvements simples, répétitifs, dansés en cercle autour du musicien percussionniste.

Les hommes et les femmes ne partagent pas la scène car les femmes sont « trop timides » pour danser avec les hommes. Ce sont à eux de jouer les rôles féminins notamment dans des danses en duo.

Le clou du spectacle reste la « Peackok dance », la danse du paon. Animal fétiche du Népal il est largement présent dans la culture locale.

C’est à la fin du spectacle que les danseurs français sont allés à la rencontre de deux des artistes, Surima et Laxmi. Les membres de ce groupe se réunissent depuis trois ans afin de conserver et de partager leur culture.

C’est à la suite de cet échange que les danseurs conviennent d’une prochaine rencontre autour d’un partage chorégraphique. Il s’agit alors d’une intervention spontanée empli de curiosité.

À la suite de rencontres professionnelles et plus particulièrement avec Handicap International, la compagnie se retrouve dans un orphelinat de la région de Katmandou. Jennifer et Grégory ont ainsi pu rencontrer Rami, une jeune danseuse de 13 ans qui a reçu une prothèse de jambe. Les danseurs ont ainsi pu suivre le rythme de vie de ces enfants. En échange de cette hospitalité, ils se sont rendus utile dans la gestion de l’orphelinat mais également en repeignant des chambres.

(Pour en savoir plus sur cet aspect de leur voyage vous pouvez retrouver tous les détails sur leur blog)

Rami prend des cours de danse dans un petit studio qui comprend plusieurs disciplines (danse hip-hop, danse traditionnelle népalaise, Khatak, contemporaine,…). Les danseurs de la Compagnie Corps In Situ ont ainsi pu être initiés à la danse traditionnelle népalaise.

Chaque séance débute par une prière chorégraphiée et un échauffement dynamique.

Rami est ravi de pouvoir danser. Elle est souriante, dynamique et motivée malgré son handicap.

Une représentation publique du studio met fin à ce voyage au Népal. Une rencontre humaine que vous pourrez retrouver très prochainement en vidéo. En attendant, nous retrouverons Jennifer et Grégory lors de leur prochaine escale au Laos.

 

 

CRÉDITS: EPCC Arteca